Artiste peintre, Concetta Marino peint de grandes toiles à l'acryl. Etablie à Morrens/Vaud depuis 2008

Presse

le Quotidien du Jura – Samedi 5 avril 2008

BEAUX-ARTS – A Delémont, Concetta Marino démontre la puissance de son travail en accrochant
une remarquable palette aux cimaises de la Galerie de la FARB.

Marino la coloriste poursuit sa quête et entre dans la belle complication de son art

de Pascale Stocker

Plusieurs Confrontations de la Galerie du Soleil de Saignelégier, ainsi qu’une grande expo personnelle (entre autres expositions dans la région) ont déjà fait connaître au public jurassien le travail de Concetta Marino qui vécut de 1964 à 2007 au Noirmont, après avoir émigré
de sa lombardie natale. Elle demeure aujourd’hui à Morrens, dans le canton de Vaud, où elle a son atelier, ce qui ne l’empêche pas de revenir dans le Jura.

Elle accroche actuellement a la Galerie de la FARB à Delémont trente-deux tableaux peints à l’acryl, dont une majorité de grands et moyens formats, quasi tous faits sur la période allant de 2005 à 2008. Il est intéressant de remarquer que des toiles ont plusieurs années pour période
d’accomplissement.

Il nous restait donc en mémoire ces grands formats, chantres univoques et basiques de l’abstraction et de la couleur. Intègre, celle dont Gérard Tolck soulignait en 2004 le courage d’avoir osé devenir une artiste, poursuit sa quête dans la même «veine», ce dernier mot ne qualifiant surtout pas la facilité d’un quelconque filon de faiseur, mais s’apparentant plutôt au cheminement de celle qui pioche inlassablement dans un seul terreau, parce que – on l’imagine ainsi – elle a l’intuition et le formidable plaisir de savoir que si elle s’en éloigne, elle perdra son or et se dispersera dans des espaces infertiles. Concetta Marina a donc continué d’approfondir sa recherche. Sa veine chromatique se complique, devient plus subtile, moins hiératique, c’est un plaisir de le découvrir.

Quelques mystérieux petits gouffres de lumière

Le chemin de l’art de Concetta – dont il apparaît qu’elle s’affirme en tant qu’une puissante coloriste – trouve toujours son essence et son résultat dans les plages de couleurs basiques des grands formats, qu’elles soient verticales ou horizontales. la verticalité est ici un mouvement qui emmène le regard vers le haut, porte à écarquiller autant les yeux que l’esprit. Ainsi, sa peinture, rouge et orange, tirée comme en hautes et doubles tentures lorsque, par exemple, trois tableaux étroits se côtoient dans un dialoguant voisinage, est flamboyante elle pourrait s’insérer dans un espace religieux Et si cet espace ne l’était pas – religieux s’entend – la peinture pourrait l’élever à cela. Sans pour autant qu’il y ait une religion précise, puisqu’on est dans l’abstraction et l’interprétation libre, totale, la seule religion étant, dans l’objet travaillé, celle des vibrations de la pâte acryl, avec ici ou la quelques mystérieux petits gouffres de lumière (en fentes, en rais, en carres. . .), sources de tout espoir huilé et spirituel pour celui qui voit, ou regarde.

La capture du basique

L’élégance émane aussi du petit, car il y a quelques miniatures, – on les appelle comme cela puisque de toute façon aucun des tableaux n’a de nom. Celles qui sont posées a plat dans la vitrine – tels des galets récoltés sur une plage – sertissent dans d’épais cadres blancs de superbes couleurs granuleuses. Lorsqu’on se penche au-dessus de ces pigments, ils apparaissent comme des paysages bizarrement immenses dans leurs petitesse, précieux comme des trésors, cadrés comme des effets photographiques, ou stratifiés comme des merveilles de la Terre Mère. On reste dans la capture du basique, celui de la nature et de ses matériaux Le granulé-pigment est aussi utilisé sur papier, dans des petits formats sous verre, où l’on trouve des complications avec collages: c’est emblématique de découvertes nouvelles dans son travail. La toile numéro 8 par exemple, brûle de la couleur préférée de l’artiste, le rouge, mais ici l’acryl est allégé, presque orange, et l’on assiste à des superpositions transparentes, on pense même voir du trait noir, on sort des évidences monolithiques et de l’à-plat consistant, pour entrer dans des perspectives labyrinthique de décors rectangulaires des espaces estompés et mystérieux. Idem pour le très beau numéro 7, qui, de bas en haut, part, notamment, d’un rectangle jaune pale d’auréole pour monter dans les profondeurs noires de la pourpre. L’œuvre magistrale est le grand triptyque qui nous apparaît comme un aboutissement de son travail: elle a tout maîtrisé, les jeux mouvants de la verticalité, de l’horizontalité, de la lumière, du clair, du foncé, afin d’arriver à une mosaïque profonde, mouvante et inépuisable pour le regard qui s’y plonge.

« …précieux comme des trésors, cadrés comme des effets photographiques, ou stratifiés comme des merveilles de la Terre Mère»

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